Comme je vous l'ai déjà dit ici, je suis niveau 3 de plongée, et qui dit niveau 3 de plongée dit : "RIFA P" ou "Réaction et Intervention Face aux Accidents de Plongée". En vrai c'est plus "Accidents d'activités subaquatiques", donc en gros, un mec à la mer a un problème, et bien je me dois d'intervenir. Oui, c'est une obligation. Après si un médecin est présent, on reste évidemment en retrait. Thread

Les accidents de plongée, ça existe, il y en a de plein de types différents. Comme pour la chasse, sauf que ça touche jamais un cycliste qui n'a rien demandé et que les morts sont rares (aujourd'hui). Le but est surtout de sortir la personne de l'eau, d'essayer de stabiliser la personne et SURTOUT, d'appeler les secours. En pleine mer, les mots à la radio "Panne Panne, Panne Panne, Panne Panne" sont à ce sujet vos amis. Petit tour des accidents et comment réagir.

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1, l'essoufflement. Sur terre, c'est pas grave du tout, je dirais même : OSEF ! Mais sous l'eau, c'est grave ! Les plongeurs communiquent par signes sous l'eau, pour le signaler, mettez vos deux mains à hauteur de poitrine, paumes vers vous (comme si vous alliez vous toucher les seins, mais on les touche pas) et bougez les d'avant en arrière deux trois fois. Alors que se passe t-il et pourquoi c'est grave ?

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Les plongeurs ont sous l'eau, via le "détendeur", l'outil qui donne un air respirable car dans la bouteille l'air est comprimé à mort, une respiration lente et calme, on inspire pas fond, en revanche on expire presqu'à fond, le but du jeu étant d'évacuer le plus de Co2 possible. L'ors d'un essoufflement, on l'impression de manquer d'air et chaque bouffée semble insuffisante, donc, notre réaction instinctive est de vouloir inspirer plus.

Sur terre, on a de l'air à profusion, donc on s'en fout, mais sous l'eau notre réserve d'air est limitée. Et c'est pas en inspirant plus qu'on va régler le problème, mais bel et bien en expirant plus. Vos poumons sont en effet chargés de Co2 et il faut l'évacuer pour reprendre une respiration normale. Ça a l'air simple, sauf que voilà, on est sous l'eau, donc "y a pas d'air" et votre cerveau entre en mode PANIQUE !

Et quand je dis "PANIQUE !", je veux dire "PANIQUE SAMAYR !!!!". Vous allez ressentir le besoin presque irrépressible de remonter à la surface en mode catastrophe et où plus rien ne compte. Sauf que : un, selon la plongée, vous ne pouvez pas, au risque de faire un autre accident, l'accident de décompression, deux, en surface il peut y avoir un bateau qui passe et c'est pour le coup où vous pouvez finir déchiqueté(e) par une hélice (hélas ! Et c'est là qu'est l'os !)

trois, si vos poumons sont trop gonflés en remontant, vous pouvez faire un autre accident, l'accident de surpression pulmonaire (le poumon explose façon Michael Bay ! Bon ok, j'exagère un mini milli pico peu ... mais c'est direct les urgences et j'ai jamais vu mais ça doit pas être fun ... en revanche on doit douiller ...)

A noter aussi que si on fait rien vous allez consommer votre air en haletant comme un chien qui a trop couru et ça nous mène à un autre accident encore : la panne d'air (hmmm .... c'est délicieux ! Au fait, je vous ai dit que l'essoufflement c'était grave en plongée ou pas ?? C'est pour un ami !). Bon, on récapitule : vous avez l'impression de manquer d'air, vous ne pouvez pas remonter, vous êtes en mode PANIQUE SAMAYR !!!, vous allez finir par ne plus avoir d'air.

Alors que faire ? Hé bien rien .... vous êtes mort.

Avant de continuer, notez que la TRES grande majorité (quasiment tous en vrai) des cas d'essoufflements se termine très bien, même en cas de panne d'air (je reviendrai dessus juste après). On remonte de manière sûre, on retourne au bateau ou sur la côte et on rentre. Pas d'urgences, pas de catastrophes. Mais parfois on cumule avec autre accident, comme la décompression ou la noyade, ce cumul s'appelle un suraccident.

Alors que faire ? En premier lieu il va falloir agir vite ! Très vite ! Un, on tient la personne qui fait l'essoufflement, on se stabilise dans l'eau et on le retient. Comme je vous l'ai, la personne va vouloir remonter vite. Deux, on appelle le reste la palanquée (les autres plongeurs du groupe), dans le même temps on essaie de calmer la personne. Signe sous l'eau : main (gauche ou droite qu'importe) paume vers le bas et on monte et descend la main.

On rappelle à la personne qu'il FAUT EXPIRER, A FOND ! Signe sous l'eau : main au niveau de la poitrine, paume vers vous, annulaire (le doigt de la bague de prison, heu de mariage*) et auriculaire repliés contre la paume, pouce contre l'indexe et enfin on fait des petits cercles avec les doigts qui restent (l'indexe et le majeur donc). Bon, ok il est un peu compliqué celui là, donc voilà :

(j'ai dit au niveau de la poitrine, mais osef en vrai, il faut surtout que la personne le voit)

On annonce dans le même temps la fin de la plongée. Signe sous l'eau : les deux mains tendues, avant bras croisés au niveau des poignets (oui, tout en tenant la personne, on se démerde comme on peut). Quand on annonce la fin de la plongée en mode normal quand tout va bien, c'est donc ça :

Alternative à une main : tous les doigts repliés en poing, sauf le pouce, levé, vers le haut : 👍
Ce signe ne veut pas dire "OK" mais "on remonte" et donc : fin de plongée.

Trois, on prend son manomètre ; qui indique la pression de l'air restant dans la bouteille, on part avec 200 bars, quand on tombe à 0 ... bah ... y a plus d'air ... ; et on surveille comme le lait sur le feu qui sonne à la porte avec des amis à diner sous la douche ! 'fin on surveille quoi, le but est d'éviter la panne d'air.

Quatre, on regarde TOUS les ordinateurs de plongées, elles sont en forme de montres, elles indiquent la profondeur où on est, si on doit faire des pallier de décompressions (et parfois, l'heure ... mais pas toutes, faut dire que généralement on s'en tape un peu sous l'eau) et elles peuvent vous aider dans votre remontée assistée, elle vous dit si vous allez trop vite (il faut pas, surpression pulmonaire toussa).

S'il y a un ou plusieurs paliers, on prend toujours, le plus contraignant. TOU-JOURS ! Pourquoi ? Tout simplement parce que les plongeurs n'ont pas forcément été exactement à la même profondeur durant le même laps de temps. Suffit par exemple qu'un plongeur soit resté plus longtemps que vous à regarder des langoustes sous un récif ... et ça change sa plongée par rapport à la votre. Et puis les ordinateurs ont des algorithmes différents aussi ...

cinq on remonte et on continue toujours à dire à la personne en essoufflement d'expirer à fond. A 3 mètres de profondeur, on s'arrête et on sort ... le parachute !
Ho je vous vois venir ... "Mais le parachute c'est pas pour la plongée TEKON LOL". Alors oui, c'est pas le parachute aérien ... c'est ce truc là :

On le gonfle avec son détendeur de secours et on tient la ficelle. C'est assez grand un fois gonflé, et ça permet de signaler aux bateaux qu'il y a des plongeurs en dessous et qu'ils sont en galère... comme des galériens ! Ça permet de signaler à notre bateau de plongée qu'on a un problème sérieux et qu'on a du remonter n'importe où !

six, on termine la remontée. On met la personne essoufflé sur le dos et on gonfle son gilet de plongée, s'il lui reste de l'air sinon on gonfle le sien à fond et on bricole pour essayer de gonfler le sien. On ne lui retire PAS le détendeur de la bouche ! Pourquoi ? Parce qu'une mer c'est pas toujours calme et qu'on veut pas qu'en plus, il nous fasse une noyade à la con !

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