Ce n’est pas Bajir qu’on a dénoncé, c’est ce garçon. Un homme a appelé la milice pour dire la chose suivante :
— Il est devant un magasin de télévisions. Il se tape la tête contre une vitrine remplie d’écrans éteints. Le verre se fend, faites quelque chose.
Tout en saignant, le garçon répète en bredouillant les seuls mots qu’il sait dire : tout est oublié.

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Bajir se tait. Soch’é pèse son poids sur son épaule. Le sang sur son front sèche. Tout le monde s’est calmé. Ils avancent à deux le long des voies du train, ce qui est illégal. Je ne sais pas, pense Bajir, ce que ferait la milice si la milice nous trouvait là en plein milieu de la nuit. Il n’a plus assez d’argent sur lui pour les tirer d’affaire si besoin, et il en veut à Soch’é de l’avoir mis dans cette situation.
— Rends-toi compte.
C’est peine perdue.

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Quand Bajir était adolescent, Soch’é avait deux ans de plus que lui. À présent, le même Soch’é fait deux ans de moins. C’est car, dit sa mère, il est dans cet état, qu’il a l’air de jeunir.

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Bajir a beau user de la pierre ponce pendant des jours ça ne part pas. Il y ajoute du savon noir et ça pique. Ça le fait même pleurer. Rien ne marche.

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Mais ce n’est pas possible, Bajir, se dit Bajir.
L’idéal aurait été qu’après le départ de ses parents, Soch’é continue de vivre dans leur appartement à eux, et lui Bajir dans le sien. Il viendrait le nourrir, et il viendrait lui parler, quand bien même la plupart du temps il n’écoutait ni ne répondait pas. Ainsi, pensait Bajir, l’intégrité des lieux serait sauve.

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À l’époque de la rue des osselets, Amelissa Mao était plus grande de quelques centimètres. Plus ferme de corps aussi, et folle d’esprit. Aujourd’hui elle est mère. Le père : Bajir ne saura rien du père, sinon qu’il avait la tête sur les épaules. Elle dit :
— Le lendemain du jour où j’ai accouché dans les gants du toubib, le museau m’a poussé. Mes cheveux ont séchés et le gris m’est venu. Mais surtout, regarde, le museau m’a poussé.

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Il le sait. Il y pense. Il y a longtemps que Bajir n’a plus éprouvé de sentiment affectieux pour quiconque.
Avant la guerre Bajir a aimé, parfois compulsivement, sans doute exagérément ses semblables ; à compter du premier bombardement plus.

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