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–Nope, c'est moi qui ai gagné !
– Comment ? J'ai vu six vautours il y a DIX minutes !
– Ben moi, j'ai vu DOUZE oiseaux !!!! (il y a cinq minutes)

La milice de Romulus et Remus se divise : Remus dit qu'il a vu le premier l'auspice, Romulus qu'il en a vu un plus gros, et qui c'est qui a la plus grosse... marque de soutien divin ? Avant que quelqu'un lance : "Et si on faisait appel à un membre de la société civile", le débat tourne en pugilat, Remus se prend une épée quelque part, et meurt, couic.

Livounet nous raconte cependant une version autrement plus poétique :

Vexé par sa défaite, Remus aurait regardé goguenard son frère prendre une araire et tracer par un sillon sacré le dessin des murs de la future ville. Il aurait alors sauté par-dessus le sillon pour rigoler. Mais Romulus, furieux qu'on viole son sillon sacré, son futur MUR, on rigole pas avec les MURS, c'est protégé par les dieux les MURS, aurait zigouillé aussi sec son alter ego en vouant à la mort quiconque franchit son mur.

Romulus offre ensuite des sacrifices pour consacrer la nouvelle ville, dont un à Hercule, un intermède pendant lequel Livounet nous raconte le mythe d'Hercule et de Cacus, que je vous propose d'aller lire dans le pouet mastodon.top/@hist_myth/112322 et suivants.

Romulus se dit ensuite que pour régner, faut en imposer. Il adopte toute une série de signes royaux imités des Étrusques voisins, notamment douze gardes armés d'une double hache, les licteurs.

Il agrandit et agrandit la nouvelle ville.

Or donc, la ville est grande mais un peu vide, manquant notamment de gros bourrins pour y habiter.
Avec une petite pique à Athènes dont c'est la légende officielle, Livounet nous explique que Romulus ne s'invente pas des citoyens nés de la terre. Non, il fait un truc woke à en faire verdir un chroniqueur de Bolloré : il accueille des réfugiés.

Consacrant un lieu d'asile sur le mont Capitole, il intègre à la cité quiconque s'y rend, libre ou esclave, noble ou obscur, pauvre ou riche.

Rome est donc rapidement bourrée de gens, et notamment de gros baraqués qui se battront pour la cité. Romulus nomme alors cent "pères" qui constitueront le sénat de la ville, et leurs descendants seront les patriciens. On s'en reparlera. Beaucoup.

Mais du coup à Rome, telle la Chine après des décennies de politique de l'enfant unique, y a masse de mecs, mais pas assez de meufs.
Romulus et les Pères envoient des demandes en mariage aux peuples voisins.
Qui répondent:
"Se marier avec ces ploucs?"

"Vous savez quoi, les Romains ? Vous devriez aussi donner asile aux p*tes, ça ferait de jolis mariages."
Les Romains goûtent peu cette réponse.
Mais Romulus a un plan.

Il ouvre peu après des superbes jeux, qui certes ne sont pas olympiques, mais célèbrent tout de même avec faste le dieu Neptune. Les peuples voisins, notamment les habitants de Caenina, d'Antemnae, de Crustumerium, 3 bleds du coin, et le grand peuple des Sabins, y accourent.
Mais las ! C'était un piège !

D'abord, les guerriers de la cité de Caenina se ruent sur Rome. Ils sont furax, fumants et super vénères... mais pas assez forts pour Romulus, qui repousse leur attaque, tue leur roi et crée un autel de Jupiter pour y suspendre l'armure pillée sur le mort.

Ensuite, l'armée d'Antemnae envahit le territoire de Rome par surprise... pour se faire tomber dessus en plein pillage ; Romulus les bat, prend leur ville, et accepte de les intégrer au corps des citoyens puisque sa femme le lui demande.

Puis Crustumerium vient à son tour se battre, mais après les défaites des deux précédents, leur moral est si bas qu'ils se font battre et annexer en 5 lignes.

Et puis il y a les Sabins. Les Sabins, c'est une autre paire de manche. Leur roi Titus Tatius est fort, grand et beau, ils sont nombreux, ils sont malins.
Ils assiègent vite la citadelle du mont Capitole, commandée alors par un certain Spurius Tarpeius.
Justement, la fille de Tarpeius, Tarpeia, est sortie puiser de l'eau.

L'armée lui tombe dessus, et Titus Tatius lui dit :
"Tu nous ouvres les portes de ta citadelle ?
– Vous offrez combien ?" répond la donzelle.

Selon les variantes rapportées par Livounet, il lui offre de l'or, et/ou il lui demande ce qu'elle veut, et elle pointe du doigt le bras gauche des Sabins, couverts de bracelets d'or et de boucliers.

"Okidoki", fait Tarpeia, et elle ouvre la citadelle.
Après quoi, Titus Tatius paye sa traîtrise... en la faisant écraser par les boucliers de ses hommes.

En tout cas pouf, la citadelle du Capitole, juste en face de l'enceinte sacrée de Rome sur le Palatin, est tombée aux mains des Sabins, stacatrophe !
Une grosse bataille se déclenche alors entre les deux collines. Avec deux généraux de taille : Hostius Hostilius pour les Romains, Mettius Curtius pour les Sabins. La lutte est égale mais ! Hostius Hostilius se fait zigouiller ! Débandade des Romains ! Romulus lève alors les bras et prie Jupiter steuplaît steuplaît empêche mes hommes de fuir !

Jupiter, qui laisse jamais les prières de ses petits-fils finir sur répondeur, arrête alors la fuite des Romains net. Mais le général sabin Mettius Curtius, sur son cheval, lance une attaque peut-être fatale... pour se faire repousser par Romulus et ses hommes, et tomber dans un marais. Les Sabins se jettent sur lui pour le sauver et finissent par battre en retraite. Ce n'est que partie remise. Plus tard, la bataille recommencerait.

Ou pas.

Car les belligérants ont une visite surprise.

Surgissent sur le champ de bataille (comment sont-elles arrivées là sans qu'on les voie...) une délégation des femmes des Romains = des filles des Sabins, avec toutes les marques du deuil : cheveux dénoués, tuniques déchirées, etc.
"Arrêtez de vous baaaaattre ! Vous êtes nos pères ou ceux de nos enfants ! Ne nous laissez pas perdre un père ou un mari !"

Les Romains et les Sabins sont émus aux larmes, et cette interruption règle l'incident diplomatique. Je veux qu'on recrute des Sabines à l'ONU.

Du coup, nouveau plan : Sabins et Romains intègreront tous la nouvelle cité, qui double de taille, et les rois Romulus et Titus Tatius partagent le pouvoir à égalité. On donne des noms sabins à tout : aux citoyens (les Quirites), aux divisions du peuple (les curies), à une division de cent chevaliers (les Titienses), au lac où est tombé le général Curtius... Et Rome cultive allègrement le syncrétisme et le multiculturalisme.

Tout ça jusqu'à ce que le roi Titus Tatius vexe mortellement le peuple voisin des Laurentes et se fasse assassiner par iceux, ce qui, susurre Livounet, n'est pas pour déplaire à Romulus, car le trône c'est plus facile de s'y asseoir à un.

Cependant, les voisins étrusques apprécient peu le voisinage de Rome.
La cité de Fidenae, étruscolatine, attaque d'abord, et Romulus les vainc dans une bataille rangée en simulant la fuite pour ensuite se retourner contre eux quand ils le poursuivent.

C'est au tour de la cité étrusque de Veii d'essayer de bouffer Rome, mais Romulus les bat cette fois en bataille rangée et à la loyale, les forçant à accepter un traité de paix pour cent ans.

Ainsi Romulus règne-t-il pendant des décennies, fort populaire, entouré en permanence de 300 cavaliers, ce qui m'évoque d'ailleurs plutôt un tyran avec sa garde rapprochée qu'un dirigeant aimé du peuple, mais qui suis-je pour juger ? Un beau jour, cependant, comme il inspectait ses troupes..

... un orage se déclenche, un nuage enveloppe d'un coup le fondateur et pouf ! il disparaît.
Enlevé au ciel par les dieux ?
Ou assassiné discrètement par les "pères", les sénateurs, qui ne l'aimaient pas tant que ça ?

Un riche Romain, Proculus, soutient vigoureusement la première thèse. Et pour cause : Romulus lui est APPARU.
Telle la Madone à Lourdes, il serait venu lui dire en personne que Jupiter l'a divinisé, et que les Romains feraient bien de devenir soldats et de tous faire l'armée.

Enfin, le fondateur est mort, et même si tous sont d'accord pour lui vouer un culte comme à un dieu, il reste à savoir qui va lui succéder.

– Écoutez, je me sens prêt à assumer cette charge, déclare un des Pères.
– Moi aussi je suis prêt, fait un autre.
– J'étais prêt le jour de ma naissance.
– À mes marques, prêt, partez !

Bref, les 100 pères se sentent tous bien bien prêts à assumer le pouvoir suprême. Les Sabins, inquiets d'un potentiel racisme antisabin, voudraient bien un roi sabin.

Les Pères romains répliquent qu'ils n'ont rien contre les Sabins, d'ailleurs leur meilleur ami est sabin, mais tout de même, scrogneugneu, mgnn, devrait être Romain le roi. D'autres font remarquer que sans chef nommé bien vite les autres cités débarqueront fissa pour bouffer Rome toute crue.

Enfin on bricole une solution d'urgence: le temps de nommer le futur roi, les Pères sont rois tour à tour pendant 5 jours, par groupe de dix "rois", dont un avec les fameux licteurs. C'est l'interrègne.

Le peuple cependant grogne, il préfère avoir un roi plutôt que cent, et le nommer eux-mêmes.
Les Pères trouvent alors une idée :
Le peuple va nommer un roi...
... que les Pères "autoriseront".

Proposez cela à des Français du XXIe siècle, et pas un abribus n'y survivrait. Proposez cela à des Romains du moins VIIIe siècle (et des brouettes), et ils crient de joie et de gratitude. Les Pères sont si bons ! Que le sénat choisisse alors son roi !

Le choix se porte donc sur Numa Pompilius.

Qui est-ce donc que Numa Pompilius ?
Eh bien, c'est un habitant de la cité de Cures, chez les Sabins, réputé pour 1/ sa religion 2/ sa dévotion 3/ sa piété 4/ sa théologie. Vous voyez le personnage. En tout cas un modèle de sagesse, plus consensuel que Bello et Tubiana.

Livounet passe une page à réfuter que Numa aurait suivi l'enseignement de Pythagore le philosophe, et rapporte que si Numa était aussi sage c'est juste que les Sabins sont des gens frugaux, fermes, stricts, de vrébonhommes.

Nommé roi à l'unanimité malgré son appartenance au peuple sabin, Numa se fait non seulement autoriser par le sénat mais valider par les auspices, fondant ainsi le rite officiel de consécration du dirigeant par les auspices.
Puis Numa décide de consacrer Rome... pas à la guerre. Il n'aime pas la guerre. Il ne fera jamais la guerre. Mais... à la religion.
Et que je te crée un temple de Janus, et que je raconte que je parle à la déesse prophétique Egeria, et que je crée le calendrier...

... et puis des prêtres de Jupiter par ci, des Vestales pour le feu sacré par là, des prêtres saliens qui dansent en sautant pour le dieu Mars en bonus, et des livres sacrés recensant toutes les cérémonies à accomplir par-dessus le marché.

Etc. etc.

Rome est donc refondée en religion et rites comme elle avait été fondée par le meurtre et la guerre.

43 ans de bondieuseries plus tard, Numa décède. À nouveau, les Pères se passent le pouvoir. Et puis, le peuple choisit pour roi Tullus Hostilius.

Après Numa le pacifiste conservateur, Tullus, c'est... euh... l'alternance ?

Tullus Hostilius est le descendant du général Hostius Hostilius mort contre les Sabins. Et comme son nom l'indique (Tullus de l'ennemi, Tullus de la guerre), Tullus, c'est pas vraiment un anar pacifiste qui parle aux déesses des bois dans les fleurs. C'est plutôt le type qui, dès les fesses carrées dans le trône, rêve que d'un truc : dérouiller tous les voisins de Rome.

D'ailleurs y a cette ville, là. Alba Longa.

[mon cher et tendre me faisant remarquer l'heure, l'histoire d'Alba Longa arrivera demain après la pause]

Alba Longa, Albe pour les Franchouillards, laisse un jour ses paysans razzier les territoires de Rome, qui envoie ses propres paysans piller les territoires d'Albe. Chaque roi, Tullus Hostilius pour Rome et un certain Gaius Cluilius (Silvius ?) pour Albe, délègue en même temps des ambassadeurs chez l'autre pour dire que c'est pas normal et rendez le butin fait ou la GUERRE.
Les ambassadeurs romains se font, à Albe, rembarrer.
– Oh oh oh, fait Tullus qui l'apprend en se frottant les mains.

Justement, les ambassadeurs albains, pas encore au courant que les choses dégénèrent, toquent chez Tullus Hostilius et déclarent avec grand embarras qu'ils veulent pas vexer personne, mais que ce serait chouette de rendre le butin, sinon, y aura des conséquences, ouh la la, euh, fâcheuses.

Tullus les toise et dit :
– Vous avez déjà refusé notre paix alors dites à votre roi que non seulement il a la guerre, mais qu'en plus c'est sa faute, notre cause est juste et les dieux avec nous !

Ainsi Tullus inaugure-t-il une tradition séculaire :
Rome, au cours de son histoire, ne va jamais déclarer une guerre de conquête.
Noooon.
Elle va toujours se servir habilement de prétextes diplomatiques pour déclencher des "guerres justes". Rien à voir.

Grosse guerre, donc, et d'autant plus cruelle, dit Tite-Live, qu'Albe et Rome sont cité-mère et cité-fille.
Les Albains entrent en premier sur le territoire romain, installent un camp, creusent un fossé qui prendra le nom de leur roi Cluilius.

Mais voilà : le roi Cluilius décède subitement, et les Albains nomment ce qu'il est convenu d'appeler un "dictateur" : un dirigeant temporaire avec des pouvoirs étendus en situation d'urgence. On choisit un certain Mettius Fufetius.
Cependant, Tullus Hostilius profitant de la mort du roi ennemi réplique en ignorant le beau camp albain et en envahissant leur territoire !
Mettius Fufetius réagit, réinstalle son camp tout près de celui de Tullus, et envoie un mec crier aux Romains : "Pourparlers !"

– Qué pourparlers ? fait Tullus.
– C'est pour te dire, roi de Rome, que c'est mal toute cette guerre, commence Mettius.
– Quoi ? C'est très bien la guerre. Ca défoule, ça muscle, c'est excellent pour la santé.
– Oui mais pendant qu'Albe et Rome, les deux puissances latines, s'écharpent, regarde nos voisins étrusques. Ils se frottent les mains à l'idée de tomber sur le vainqueur quand il sera bien affaibli. Évitons une bataille rangée. Réglons nos différends... par un duel.
– Hmmm, fait Tullus.

"J'aurais bien aimé guerroyer, pour l'exercice physique, songe le roi de Rome, mais il faut admettre qu'il a raison."

Or justement, et pour la symétrie de cet épisode nettement mythique, Rome et Albe comptaient toutes deux dans leurs rangs des triplés, mâles, en âge de se battre, nobles, forts et beaux. La distribution des noms est un peu floue, mais selon Livounet, à Rome il y avait les trois frères Horatii, les Horaces, et à Albe les Curiatii, les Curiaces.

On les désigna pour le duel.

Le concept était simple : un combat trois contre trois, et l'équipe gagnante rapportait à sa ville la suprématie sur les deux cités. Rome deviendrait la "vassale" d'Albe ou vice-versa. Ce qu'on jure dans un traité au rite solennel et répétitif que Livounet nous décrit en détail.

Duel, donc, dans un champ clos entouré par le public romain et albain.
Les trois Horaces et les trois Curiaces se jettent les uns sur les autres !
Baston bling blong blang !
Las ! deux des trois Horaces tombent morts !

Le dernier des Horaces jauge rapidos la situation :
Il est seul. Les Curiaces sont trois.
Il est intact. Les Curiaces sont tous blessés.
Il peut vaincre chacun d'eux un à un. Mais pas trois d'un coup.
Il prend la fuite.

Consternation chez les Romains, qui se voient déjà à la botte des Albains.

Mais là, vlan ! Horace se retourne. C'est que les trois Curiaces l'ont suivi chacun à son rythme, s'éloignant les uns des autres. Désormais il est à un contre un.
Il abat le Curiace numéro 1.

"Viens aider ton frèèèère", ont à peine le temps de crier les Albains au Curiace numéro 2 : Horace lui marche déjà dessus, et le Curiace numéro 2 meurt.
Et enfin, le Curiace numéro 3, le plus salement blessé, débarque en clopinant. Horace lance : "J'ai sacrifié les deux premiers à mes frères morts, lui, je l'immole pour la gloire de Rome !" et poupoupou un coup d'épée dans le cou.
Rome a gagné !
Horace joyeux dépouille ses adversaires et rentre triomphant en ville !

Pendant que sur le champ de bataille on enterre les morts de chaque camp et Tullus Hostilius dit à Mettius Fufetius que c'est lui le patron maintenant, et merci de garder tes troupes en armes car on va bientôt se battre contre les Étrusques de Veii, à Rome, la jeune soeur des Horaces voit arriver son frère. Or, il s'avère qu'elle avait pour fiancé l'un des Curiaces, et dans les dépouilles que porte son frère elle aperçoit la tunique qu'elle a tissée et offerte à son namoureux.

– Hmm ? Je dois le juger ? Pare qu'il a tué quelqu'un ? C'est grave ça ? marmonne Tullus, et comme cette histoire l'embête il défère l'accusé à un tribunal spécial en l'inculpant de "perduellio". La perduellio, c'est un chef d'accusation grave qu'on transcrit dans ma traduction comme "crime contre l'Etat". En gros, le meurtre fratricide mettrait en péril la ville par la souillure et les malédictions qu'il entraîne. Punition prévue ? Bastonnade infamante et publique jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Horace doit seulement subir des rites de purification, notamment passer sous une poutre appelée la "poutre de la soeur", inaugurant ainsi un rite qui sera pratiqué par l'armée romaine.

Cependant notre gentil roi sanguinaire Tullus Hostilius fit la guerre à une alliance entre la ville étrusque de Veii et la cité latinophone de Fidenae.
Les Albains devaient soutenir les armées romaines comme alliés.
Mais, à Albe, ça bardait. Le dictateur Mettius Fufetius se faisait pourrir pour son idée de duel.

Histoires Mythiques

Du coup, Mettius réfléchissait très fort à comment rompre avec Rome et les frapper en loucedé. Il envoie donc un petit message à Fidenae, leur disant que s'ils s'alliaient à Veii Albe lâcherait Rome sur le champ de bataille. Ce qui précipite la guerre.
Bataille, donc, entre Rome + Albe (?) et Veii + Fidenae, au confluent de l'Anio et du Tibre.
Les Romains s'alignent face aux Véiens, Tullus ordonne à Mettius de s'aligner face aux Fidénates.
Mettius fait mine de rien avoir entendu.

A la place il aligne son armée sur le côté, en position d'attente, histoire de soutenir Fidenae et Veii s'ils gagnent, et Rome si par hasard elle l'emporte à deux contre un.
Stupeur chez les Romains. Keskispas ? Pourquoi leurs alliés se rangent pas à l'endroit prévu ?

Tullus, qui a tout compris, s'écrie assez fort pour être entendu des premiers rangs latinophones de Fidenae :
– No soucaïe ! C'est mon ordre, les Albains vont attaquer Fidenae par l'arrière !
Ses troupes rassurées, il attaque.

Les armées romaines arrivent alors à Albe, embarquent la population, détruisent tous les bâtiments de la ville sauf les temples. Livounet décrit dans un tableau poignant les Albains sidérés et perdus qui doivent tout à coup quitter leurs maisons natales et emporter ce qu'ils peuvent à la va-vite. Ca rappelle des images inconfortables au lecteur du XX(I)e siècle.

Mais enfin, Rome est devenue super grande, et doit agrandir sa superficie et son Sénat en y ajoutant les notables albains.

Après quoi, Tullus prétexte d'incidents diplomatiques au marché de Feronia pour déclarer la guerre aux Sabins (ceux qui n'ont pas rejoint Rome, il s'entend) et leur pourrit la face à la bataille de la forêt Malitiosa. Bref, Tullus gagne partout... sauf chez les dieux. Des prodiges inquiétants commencent à se manifester. Des pierres pleuvent sur le mont albain. On entend une voix divine réclamer que les rites d'Albe se poursuivent.
Des calamités se déclenchent, une épidémie frappe Rome.

– Oaarf, fait Tullus, une maladie ça se soigne. Vous savez, moi, quand j'ai un petit rhume, je fais la guerre, et ça me passe. La guerre, c'est très bon pour la santé.
[C'est dans le texte]

Mais il tombe malade lui-même, et pendant des années, ce qui le pousse à changer radicalement de point de vue sur le monde : Tullus le Foudre de Guerre devient tout à coup Tullus le Cul de Bénitier.
Il se met à vénérer les dieux, révérer les dieux, supplier les dieux.
Sauf qu'il s'y prend comme un manche.

Notamment, il découvre en compulsant les écrits du roi Numa qu'il aurait dû pratiquer des sacrifices secrets à Jupiter Elicien. Voulant se rattraper, il essaie d'exécuter le rite ; mais il le bâcle si fort que Jupiter, du haut de l'Olympe, fronce les sourcils et s'exclame : "C'est quoi ce travail ? M'agace, le bigot."
Comme Jupiter ne supporte pas qu'on bâcle, un beau jour il saisit sa foudre et électrocute Tullus tout en consumant entièrement sa maison.
L'importance du travail bien fait.

Quel roi va succéder au poutinien Tullus Hostilius ? Sera-ce un foudre de guerre à la Sarko, un conservateur hippie ou un monarque "normal" ?

Vous le saurez dans le prochain épisode !

@hist_myth à deux doigts d'aller me spoil sur wikipedia

@hist_myth 66 % de rois morts pendant un orage, il serait temps de songer à inventer le paratonnerre

@julbriman @hist_myth c'est le problème quand tu passes ton temps à te balader avec des trucs en métal ...

@hist_myth
Ah oui mais ça, on voit le mec qui n'a justement jamais joué à Caesar 3 : ignorez les dieux, et c'est le coup de pied divin au cul.